Voyage en Martinique
Ma famille là-bas
J'ai beaucoup aimé mon voyage en Martinique. Où je suis allée voir ma famille qui est allée vivre là-bas.
Les paysages sont très beaux.
La mer est chaude et belle.
J'ai bien joué avec mes cousines.
Mots-clés : avion

Mots-clés : Toulouse
Découvrir une ville le jour où s’y déroule une importante manifestation contestataire n’est, a priori, pas le meilleur moment. Et pourtant…
Je ne sais les raisons de cette manif mais des centaines de policiers sont en faction.
Après avoir garé la voiture nous partons, un peu au hasard, dans les rues de la ville. Tout en admirant les façades de briques roses nous cherchons notre chemin vers l’église qui « illumine le soir » : Saint-Sernin. Mais après un moment je me rends compte que nous sommes déjà passé ici et là !
Pendant que mon épouse cherche la bonne affaire dans une boutique à touristes j’avance jusqu’au carrefour suivant où un véhicule de police barre la rue. Quatre policiers en arme, les bras croisés, l’air sévère (on les sent tendus) me regarde approcher. J’hésite une seconde, moi qui, comme le disait Brassens « Traverse dans les clous pour ne pas avoir à faire à la maréchaussée », puis m’avance vers eux.
Bonjour Messieurs, pourriez-vous m’indiquer la direction de l’église St-Sernin ?
Sans un mot l’un des policiers fait un pas en arrière, plonge, par la vitre ouverte, son buste dans la voiture et ressort avec un immense plan de la ville qu’il étale sur le capot de la voiture sous l’œil étonné de ses collègues.Je m’approche.
Nous sommes ici et voici Saint-Sernin, le plus direct c’est par là, mais si vous avez le temps il vaut mieux passer par cette rue, il y a plusieurs maisons magnifiques… vous ne connaissez pas la ville ?
Non, non …
Alors il faut voir Saint-Sernin bien sûr, vous savez que c’est la plus grande église romane d’occident, mais il y aussi la cathédrale Saint-Etienne et ses dix-sept chapelles. Elle date de l’an 1013, construite sur les ruines d’une église de 844. A la fin du XIIIe on a commencé la construction d’une grande cathédrale gothique, mais les travaux ont été arrêté, ce qui fait que les deux styles se juxtaposent. Les vitraux sont splendides avec une grande rosace rappelant Notre Dame de Paris.
Oui, oui…
Il faudra voir aussi l’hôtel d’Assezat, rue de Metz, ici. Il est magnifique avec ses trois ordres dorique, ionique et corinthien, un à chaque étage, et sa cour carrée.
Il est intarissable. Il a oté son uniforme de policier, oublié la manif, ses collègues, il est à Saint-Sernin, à l’hôtel… l’hôtel comment déjà ? Il marche dans les rues, me montre une façade de briques, le détail d’une porte, s’arrête devant une fontaine : c’est ici que…
Mon épouse nous a rejoint, mais il ne l’a même pas vue, toujours penché sur son plan, désignant un nouveau point, il continue :
Evidemment il faut aller à la place du Capitole, c’est le cœur de la ville, il y a les peintures de Raymond More…
Soudain des cris derrière nous, la manif est là. Ses collègues s’agitent. Il me regarde, déçu de devoir s’interrompre, presque gêné, repli prestement sa carte, murmure un « au revoir »…
Je lui tends la main.
Jacques Sarrat
Mots-clés : Alger, Mzab, Algérie
Je suis sur la route, le Vercors est dans la brume. L’absence, le vide. Surgit alors l’idée du voyage, l’appel du désert, le retour en Algérie . Quatorze ans déjà !
Redécouvrir. Vivre l’instant dans la spontanéité des sensations. Poser des mots dans l’esprit des haïkus.
Sur la route d'Alger les voitures filent
Le quartier des amis se nomme les Dunes
De la maison on voit la mer
Dans la nuit les lumières crépitent
après le match les jeunes crient victoire
Vivre vivre vivre
À livre ouvert
on lit le passé
récit de vies encloses
Empreinte des violences
dans les gestes
dans les souffles
Pendant des jours des années
de la maison au travail du travail à la maison
l'ombre de soi-même
Algérie meurtrie
Algérie sur le qui-vive
des portes s'entrouvrent
Entre ciel et mer
entre les deux rives
le passé rejoint l’avenir
Envol dans le soleil
la terre déploie creux et bosses
Dans ses plis les villages
Y a t-il place encore pour les paysans ?
Terres vives ou endormies
cimes enneigées du Djurdjura
L'aéroport en plein désert
les cités du M’zab
un nombril d'humanité
Bachir m’attend
mon frère de sable
mains toujours ouvertes
Ghardaïa la sublime
a reçu en échos
les ondes maléfiques venues du Nord
La ville a grandi
Aller le long des arcades
vers les voix familières
La place du marché dans une flaque de soleil
inondée de couleurs de saveurs
Animation des hommes
Les murs voilent les désirs
la peur est venue s’y cogner
Je cherche l’horizon des femmes
À Melika la maison est un cœur
entrer à pas feutrés
le thé mousse dans les verres
Les visages déploient les souvenirs
si vivaces qu'on reste surpris
L'invité est toujours de marque
L'appel à la prière
rythme le jour et la nuit
Psalmodie à l’odeur d’éternité
Regard d’une adolescente
déjà endormi
dans les motifs du tapis de mariage
L'enfance au sourire de jasmin
parfume l'air
fait voler des pétales
Par une fenêtre
les bougainvilliers en grappe
à leur pied du sable roux
Des bambins jouent et chantent
les hommes les couvrent de baisers
Palmes de l’oasis
Haïks furtifs
ans les rues de Beni Isguen
de Ghardaïa Melika Bou Noura
Sous ces voiles à ouverture unique
une source
dormante ou jaillissante
Mes sœurs cyclopes
le blanc du mur étoffe
Je cherche votre lumière
Vous avez la science des plantes
des parfums des épices
vous êtes la semoule quotidienne
Avec vous faire le pain
nos mains nos mots
mêlés au levain
Petite fille aux yeux d'espoir
je te prends par la main
tu me guides dans les ruelles
Nos paroles
un chant où tremble
la lumière du soir
Crois-tu que tout est écrit ?
Iras-tu sur de nouveaux chemins ?
Les enfants ont des rêves fous
Mots-clés : exil
Mardi 4 mars.
Mots-clés : Saint Jacques de Compostelle
Envie de partir... seule... arpenter les campagnes.
Besoin de vivre dans la nature, à mon rythme : levers, marches, repas, siestes...
J'ai choisi de partir de chez moi (Romans sur Isère) en direction de Compostelle sachant que j'y trouverai grand choix de haltes pour les nuits : juste un appel téléphonique la veille au soir ou dans la journée pour m'assurer d'un toit et d'une douche.
J'ai d'abord traversé la plaine, gravi la côte ardéchoise, traversé les plateaux de Haute-Loire. Jusqu'au Puy aucun "pélerin" à l'horizon.
Après le Puy c'est la cohue sur les chemins connus dans les gîtes : plus droit à la solitude.
Seule j'ai revu, retraversé des lieux que j'avais découverts en voiture mais rien n'égale le temps à profiter des éclairages du ciel, les moments à glaner mûres et autres fruits de la fin d'été, les instants à l'écoute des oiseaux, animaux et autres bruissements, la surprise d'un orage qui éclate à l'heure d'un possible repas.
Sur le plateau de Haute-Loire, émerveillement des petits cônes volcaniques à l'horizon qui me parlent du Petit Prince. On peut tous avoir son volcan et son désert chez soi.

Dans un chemin en sous-bois j'ai marché assez longtemps sans repères de balises. Enfin, par prudence, je reviens sur mes pas. En sortant du bois j'aperçois un cabanon de berger, je m'approche. Une vaisselle sèche au soleil. La porte est ouverte. Je frappe et entre.
Un homme seul était là, attablé dans son antre sombre en terre battue. Peu locasse il me dit sèchement que le chemin ne passe plus devant sa maison. Il l'a dévié plus loin derrière.
J'aperçois un canapé défoncé recouvert d'un très beau tapis de selle Touareg. Je connais, pour avoir vécu dans ce pays auréolé d'une image mythique pour les européens. La conversation s'engage, il se lève et vient me rejoindre près de la lumière de la porte ouverte. Il est hirsute, habillé de guenilles salis et déchirées.
Non, Il n'est pas berger, il n'a pas de bêtes. Nous échangeons longuement avec connivence des bonheurs de vivre tout près de la nature dans le dénuement.
Son assiette et son verre sont resté en place. Je cherche à m'éclipser pour lui rendre sa solitude choisie.
Faisant mes adieux j'aperçois une voiture protégée par une bâche. C'est sa voiture : une Ferrari rouge immatriculée à Paris !
Lui est inspecteur des impôts à la retraite...
... que nos "routes" soient bonnes à l'un comme à l'autre.
Juin 2007
Je rejoins mon fils qui travaille pour une mission humanitaire en Equateur, en haute Amazonie, avec 15 villages indiens.
Désirant me faire connaître le milieu où il vit, nous partons pour quelques jours en pleine jungle dans un village pour touristes, mais c’est très loin du club med. Les cabanes où nous dormons sont sur pilotis car elles sont près du fleuve par lequel nous sommes arrivés. Notre « chambre » a des lits faits en rondins, la nuit je compte les troncs sous le fin matelas , et je suis recouverte par une moustiquaire à cause des mygales, j’ai eu la chance d’en rencontrer 8.
Les murs sont en planches, pour le sous bassement, et en grille plus haut, le toit et en feuilles de palmiers. Bien sûr les toilettes sont dans le bâtiment principal avec l’unique douche, distants d’une vingtaine de mètres, que l’on rejoint à travers la végétation où se promènent serpents et autres habitants de ces forêts luxuriantes. Cela va de soi il n’y a pas d’électricité, il faut avoir sa lampe frontale. Sous les grands arbres la nuit est très sombre.
Pour faire connaissance avec le milieu une randonnée est organisée avec mon fils et trois indiens. Moi qui adore la randonnée je part comblée et enthousiaste.
Nous passons dans un village d’indigènes où nous sommes invités à boire de la « chicha », boisson locale à basse de manioc, mâchée par les femmes et fermentée, la coutume veut que l’on ne peut pas refuser cette boisson offerte à l’arrivée de tout visiteur. Un des habitants nous montre avec fierté une peau de léopard qu’il vient de tuer quelques jours avant près de sa maison.

La rando continue dans la forêt de découverte en découverte : fleurs, insectes, arbres géants, végétation dense…. Après quelques heures, nous nous rapprochons de notre point de départ.
Comme il a beaucoup plu les jours avant, le fleuve et les rivières ont gonflé et sont devenus torrents. Notre sentier devait passer à gué, mais là impossible, la rivière est bien trop haute. Que faire ? J’interroge mon fils qui me rassure : les indiens vont trouver le moyen de nous faire traverser. Ils s’éloignent de quelques mètres, et là avec leurs machettes, dont ils ne se séparent jamais, coupent un arbre qui tombe en travers de la rivière au milieu des lianes. des arbres, des feuilles. Et avec leur grand sourire m’invitent à traverser sur cet arbre feuillu, moussu.

A non je ne peux pas !!! je vois la rivière devenue torrent sous le pont improvisé, la végétation dense, j’imagine les serpents et autre faune pas très sympathique. Un quart d’heure avant un serpent a traversé le sentier devant mes pieds. Alors là non ! non et non ! je ne peux pas !!!
Les indiens, toujours très calmes, comprenant bien la situation, s’éloignent de nouveau, et coupent des arbres plus petits pour me construire une rambarde….. et oui, et j’ai traversé, mais pas très rassurée quand même. Oui, je sais, à cause de moi des arbres ont été coupés… pardon à la forêt.
Bernadette